Il y a quelque chose de profondément injuste dans certaines organisations.
Pas bruyant.
Pas évident.
Un peu subtil, mais très réel.
C’est quand le flou organisationnel finit par faire douter des gens…
non pas de leur rôle, mais de leurs propres compétences.
La remise en question est fondamentale certes, mais pas dans un contexte où elle s'est imposée en raison d'une mauvaise structure organisationnelle.
Le doute ne vient pas toujours d’un manque de compétence
Quand quelqu’un se met à douter de lui au travail, on pense souvent :
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manque d’expérience,
-
manque de formation,
-
manque de confiance.
Mais bien souvent, le problème n’est pas la personne.
C’est l’ambiguïté autour d’elle.
Quand les attentes ne sont pas claires, quand les priorités changent sans être nommées, quand les règles varient selon les situations…
le cerveau humain fait ce qu'il peut pour comprendre. C'est à dire?
Et il se retourne souvent contre lui-même.
Ce que le flou provoque, en silence
Dans un environnement ambigu, les gens se posent des questions comme :
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« Est-ce que j’ai mal compris? »
-
« Est-ce que c’était vraiment à moi de faire ça? »
-
« Pourquoi on ne m’a rien dit? »
-
« Est-ce que je suis moins compétente que je le pensais? »
Petit à petit, le doute s’installe. Pas parce que la personne est mauvaise.
Mais parce qu’elle n’a aucun repère stable pour se situer.
Si en plus on ajoute un leadership rempli de failles. Un mauvais leadership, voir pire, pas de leadership.
On vient de déposer une bombe à retardement.
Le piège : personnaliser un problème systémique
Quand les règles sont floues, les gens ont tendance à :
-
se remettre en question,
-
se suradapter,
-
surcompenser,
-
travailler plus fort pour “bien faire”.
Le problème, c’est que ce réflexe donne l’illusion que :
le problème est individuel.
Alors qu’en réalité, c’est le système qui ne donne pas de cadre clair.
Pourquoi les personnes compétentes sont souvent les plus touchées
Les gens compétents veulent bien faire.
Ils cherchent à comprendre et il s'ajustent.
Dans un contexte ambigu, ce sont souvent eux qui :
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doutent le plus, ---> (Quand l'ambiguïté fait naître des doutes sur nos compétences)
-
se questionnent davantage, ---> (Questionner un processus, insubordination ou optimisation?)
-
prennent sur eux. ---> (Pourquoi les bons employés deviennent des variables d'ajustement)
Ce n'est pas parce qu'ils sont faibles mais parce qu’ils sont consciencieux.
Ceux qui s’en foutent un peu… doutent rarement.
Quand l’ambiguïté s’installe dans les outils
C’est souvent dans les ERP, CRM ou procédures que le flou devient visible.
Quand on ne sait pas :
-
qui doit entrer l’information,
-
quand elle doit être validée,
-
ce qui est obligatoire ou non,
les erreurs apparaissent.
Et au lieu de se demander « qu’est-ce qui n’est pas clair dans le processus? »,
on se demande « qui s’est trompé? ».
Encore une fois, le doute se déplace vers la personne. J'en parle dans l'article ''le problème, c'est l'employé''
Clarifier, ce n’est pas encadrer à l’excès
C’est enlever le doute inutile. C'est comme mettre des lignes directrice dans un stationnement du Walmart.
Clarifier :
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les rôles,
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les attentes,
-
les priorités,
Il n'est pas question d'infantiliser. Il est question de protéger la compétence.
C’est permettre aux gens de savoir :
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quand ils font bien,
-
quand ils doivent ajuster,
-
et quand ce n’est tout simplement pas leur responsabilité.
En résumé
L’ambiguïté organisationnelle ne crée pas seulement de la confusion.
Elle crée du doute.
Et ce doute finit souvent par viser les mauvaises personnes.
Avant de remettre en question les compétences de quelqu’un, il vaut la peine de se demander :
Est-ce que le cadre était réellement clair… ou est-ce qu’on a laissé les gens deviner?
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Dans plusieurs organisations, ce type d’ambiguïté n’est pas visible tant qu’un outil ne vient pas la rendre concrète.
L’implantation ou l’utilisation d’un ERP ou d’un CRM agit souvent comme un révélateur : les rôles flous, les attentes implicites et les décisions jamais prises deviennent soudainement impossibles à contourner.
Des analyses de situations réelles, anonymisées, sont accessibles dans la zone professionnelle pour illustrer comment ces ambiguïtés finissent par générer des doutes injustifiés sur les compétences des équipes.
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