Les gens savent-ils vraiment quoi faire?

Publié le 6 février 2026 à 12:20

Prendre pour acquis que les gens savent quoi faire...
est souvent là que les problèmes commencent

Il y a une idée très répandue en entreprise :

« Ils savent ce qu’ils ont à faire. »

Après tout :

  • ils ont été embauchés pour ça,

  • ils ont de l’expérience,

  • ils font le travail depuis un moment.

Alors on ne précise pas.
On n’explique pas. On n’écrit pas toujours les règles. On les dit ''sur le fly'' en prenant pour acquis qu'ils ont retenus l'info officieuse dit 8-10-12 mois auparavant. 

Et pourtant… c’est souvent là que tout se complique.

Ce qu’on confond souvent : compétence et clarté

Quelqu’un peut être très compétent et ne pas savoir exactement :

  • où commence sa responsabilité,

  • où elle se termine,

  • quand il doit intervenir,

  • quand il doit passer la balle.

Il n'en relève pas de la compétence de la personne, cette ambiguïté est là uniquement parce que personne ne l'a dit clairement.
On pense que c’est évident, que ''ça va de soi'', que ''ça fait parti du rôle''. 
Sauf que ce qui va de soi… va rarement de soi pour tout le monde de la même façon.

 

Le flou ne fait pas disparaître le travail

------------------------------->>Il le déplace

Quand les rôles ne sont pas clairs, les gens ne cessent pas de travailler.
Ils s’ajustent, ils font ce qu'ils croient logique, qui fait du sens à leurs yeux - selon leurs perspectives - leurs expériences - leurs valeurs - leurs éducations (tu vois où je veux en venir?) Dans la même situation, deux personnes faisant le même rôle, dans la même entreprise, depuis le même nombre d'années, peuvent, face à une ambiguïté réagir de deux façon complètement différentes, l'interpréter différemment et faire une action différente. 

Bref, lorsque les gens font face à une ambiguïté, ils :

  • interprètent,

  • comblent les trous,

  • prennent des décisions qui ne devraient pas être les leurs,

  • ou attendent, par peur de mal faire.

Résultat :

  • certains en font trop,

  • d’autres hésitent,

  • et personne n’a l’impression que le système est juste.

Ce flou peut avoir des répercussion beaucoup plus grave qu'on ne l'imagine! J'en parle dans l'article ''Quand l'ambiguïté fait naître des doutes sur nos compétences'' 

Pourquoi on n’ose pas toujours clarifier

Souvent, ce n’est pas par négligence.
C’est par bonne intention.

On se dit :

  • « Je ne veux pas microgérer »

  • « Ils vont penser que je ne leur fais pas confiance »

  • « Ça devrait être évident »

Mais clarifier un rôle, ce n’est pas douter de quelqu’un.
C’est lui enlever le poids de devoir deviner.

 

Quand l’outil révèle le problème

C’est souvent à l’arrivée d’un ERP ou d’un CRM que le flou éclate.

L’outil pose des questions simples :

  • Qui fait quoi?

  • À quel moment?

  • Qui valide?

  • Qui est responsable si l’information est manquante?

 

Et là, on réalise que :

  • certaines décisions n’ont jamais été prises,

  • certaines attentes n’ont jamais été formulées,

  • certaines responsabilités étaient… implicites.

Quand personne ne sait vraiment qui doit faire quoi, la donnée devient instable, et les erreurs se multiplient.

Malheureusement, dire ''on va s'ajuster'' n'est pas une stratégie.

C'est là, que l'importance du leadership est crucial. J'en parle aussi dans ''Leadership empathique ou leadership opérant?''

 

Ce que les équipes vivent, sans toujours le dire

Dans un contexte flou, on entend souvent en arrière-plan :

  • « Je pensais que c’était à toi de le faire »

  • « Je ne savais pas que c’était à moi »

  • « Je l’ai fait pour aider »

  • « Je n’ai pas osé, je ne voulais pas me tromper »

Ce ne sont pas des excuses.
Ce sont des signaux.

Clarifier, c’est protéger

Clarifier les rôles, ce n’est pas rigidifier le travail.C’est :

  • réduire les tensions inutiles,

  • éviter les doublons,

  • protéger les plus engagés,

  • rendre les attentes équitables.

C’est permettre aux gens de bien faire leur travail…
sans devoir deviner les règles du jeu.

 

En résumé

Prendre pour acquis que les collaborateurs savent exactement quoi faire est rarement un gain de temps.
C’est souvent une source silencieuse de confusion, de surcharge et d’erreurs évitables.

Clarifier qui fait quoi, quand et pourquoi n’est pas un luxe.
C’est une condition de base pour que les équipes, les outils et les processus fonctionnent ensemble.


👉 À lire aussi

  • Pourquoi les bons employés deviennent des variables d’ajustement

  • Quand tout le monde est responsable… plus personne ne décide

  • Analyse ERP / CRM : quand l’outil révèle ce que l’organisation n’a jamais clarifié

Si tu veux, on peut ensuite :

  • le relier explicitement à un cas anonymisé en zone professionnelle

  • ou écrire un article complémentaire sur « ce que le flou coûte vraiment, sans apparaître dans les chiffres »

Et oui… excellent instinct sur ce sujet. C’est un vrai déclencheur de prise de conscience

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.